Au Togo, des maisons de repos pour les prêtres âgés

Au Togo, des maisons de repos pour les prêtres âgés

Les diocèses catholiques du Togo s’organisent depuis quelques années pour offrir aux prêtres âgés des maisons de repos.

L’Église togolaise compte sept diocèses dont certains disposent d’une maison de repos ou envisagent d’en créer pour les prêtres sous le poids de l’âge ou de la maladie. C’est le cas des diocèses d’Atakpamé (sud), de Sokodé (centre) et de Lomé.

À Atakpamé, la maison de repos des prêtres, située à côté de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Trinité est opérationnelle depuis quelques années et est dirigée par le père Samuel Djagnon. Du côté de Sokodé, l’initiative porte le nom de Maison St-Jean-Marie-Vianney. Elle a une capacité d’accueil d’une dizaine de personnes. L’évêque émérite de Sokodé, Mgr Ambroise Djoliba, notamment, y réside depuis 3 ans.

Des projets du même genre existent dans d’autres diocèses comme Lomé où les travaux de construction d’une maison de repos ont démarré. Le père Laurent Kpogo, vicaire général du diocèse et curé de la paroisse Sainte Rita de Wuiti, coordonne actuellement les travaux de construction de la « Basiliade Saint Philippe », une maison dédiée aux prêtres et aux personnes consacrées, hommes et femmes, que l’âge et la maladie contraignent au repos, après une phase de vie active.

C’est à Batoumé, un village de la préfecture de l’Avé situé à 19 km d’Assahoun et à 70 kilomètres au nord-ouest de Lomé que la première pierre de la « Basiliade Saint Philippe » a été posée le 21 mars 2015 par Mgr Denis Amuzu-Dzakpah, archevêque de Lomé.
« Pour la célébration de mes 25 ans de sacerdoce (en 2012, NDLR), j’avais opté pour que les présents à mon endroit soient transformés en dons financiers en vue de la construction d’une maison de repos pour les prêtres et les consacrés », se souvient le père Kpogo, 61 ans. Comme lui, dans le diocèse de Lomé qui compte près de trois cents prêtres diocésains, une soixantaine ont entre 50 et 69 ans tandis que seize autres ont déjà entre 70 et 90 ans dont une dizaine de prêtres et évêques avec un âge égal ou supérieur à 75 ans, l’âge canonique pour l’admission à la retraite.

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« Ce projet est un chemin de foi »

Une somme de 2 millions de francs CFA (un peu plus de 3 000 €) avait été récoltée pour le jubilé d’argent de ce prêtre qui venait d’être nommé vicaire général par son évêque. Après avoir informé ce dernier, le Fonds Saint Laurent initié par le père Kpogo a pris la forme d’une association créée le 28 décembre 2012 avec pour mission de « mobiliser des ressources pour soutenir les œuvres de l’Église », dont cette maison de repos.

Sur un terrain de 10 hectares offert par une chrétienne à l’Église, l’ouvrage est prévu pour accueillir une quarantaine de prêtres et de consacrés au terme des travaux qui ont démarré avec la construction d’un forage d’eau, d’un grand magasin et d’un premier étage sur les deux envisagés.

« Le problème majeur, explique l’initiateur du Fonds St Laurent, c’est surtout la mobilisation des ressources au plan local, car ma philosophie est de ne pas toujours tendre la main pour recevoir, mais aussi pour donner ». D’où le défi d’un changement de mentalité qui nécessite une grande sensibilisation. « Ce projet est un chemin de foi », confie encore le père Laurent Kpogo qui en appelle à la générosité des fidèles, mais exhorte aussi ses confrères prêtres curés et responsables d’institutions à contribuer à la sensibilisation et à la mobilisation des ressources escomptées.

Charles Ayetan, à Lomé
Source : LaCroixAfrica

 

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